Dans un monde de plus en plus mouvementé et face aux menaces diffuses dans la sous-région ouest-africaine, il est essentiel de travailler pour une autonomie pour ne pas dire souveraineté militaire. Ainsi, les autorités sénégalaises sont-elles en train de travailler sur une collaboration avec des entreprises pour la production de véhicules militaires mais aussi de munitions. Compte tenu du contexte sous-régional, le Directeur du Service du Matériel des armées, le colonel Birane Niang estime que « nos autorités ont résolument opté pour qu’on dispose de notre propre matériel ». Le Colonel Niang indique que le matériel le plus crucial pour notre État est de disposer de véhicules pour le combat, mais aussi de munitions et d’armes. « Pour le moment, ce sont ces trois domaines qui sont ciblés afin de mettre en place une petite industrie de défense », a-t-il dit.
Il révèle qu’une convention est déjà signée pour l’assemblage de véhicules militaires. Selon le directeur du Service du Matériel des Armées, cette dernière consistera, dans un premier temps, à l’assemblage des véhicules de transport des troupes, avec les véhicules « KIA » qui ont été fabriqués en Corée du Sud. Il est prévu ainsi de sortir les premiers véhicules avant fin 2025, notamment en novembre. La deuxième étape concerne les camions Mercedes qui seront montés sur place.
Les autorités discutent aussi avec les Turcs pour la mise en place d’une unité de fabrique de munitions. « Ces discussions aussi sont très avancées pour la mise en place d’une usine de fabrique de munitions avec la Turquie. Les produits de cette entreprise vont être destinés principalement à l’armée sénégalaise », a précisé le Colonel Birane Niang. Cette entreprise pourra, dans un long terme, en plus de fournir des munitions à l’armée sénégalaise, approvisionner des armées de la sous-région et de l’Afrique. Selon les mêmes sources, un site est déjà identifié pour la construction d’une unité de fabrique nationale de munitions dans la région de Thiès.
Les limites d’une politique d’armement avant 2000
Cela est un tournant majeur car, d’après le directeur du Service du Matériel des Armées, le Colonel Birane Niang, auparavant, l’armée sénégalaise n’avait pas d’autonomie dans l’acquisition de certains matériaux de défense. « On avait, dans la coopération avec la France, ce qu’on appelait l’entente directe qui consistait à fournir les matériaux de guerre, tous les véhicules de transport de troupes, les armes et les munitions ».
Le colonel Niang se rappelle que c’est à partir de 2000 que l’option du Gouvernement a changé avec la participation très intense aux opérations extérieures de maintien de la paix, notamment avec les déploiements au Congo, en République démocratique de Congo et en Côte d’Ivoire, etc. Selon le colonel Niang à partir de ce moment, le Sénégal déployait ses hommes avec son matériel, et donc, depuis reçoit directement les remboursements. Avec l’ancien système, le Sénégal envoyait des hommes lors des opérations extérieures, mais ils étaient équipés par la France dans le cadre d’un mémorandum. En retour, c’est la France qui recevait les remboursements de l’Onu. « À partir de ce moment, l’Armée a eu une petite ouverture en Chine où on a acquis les premiers engins blindés. Du matériel d’artillerie a aussi été acquis en Ukraine », a renseigné le Directeur du Service du Matériel des armées.
LeSoleil.sn