
Donald Trump et son épouse Melania ont commencé, jeudi 13 juillet à Paris, une visite de deux jours pleins de faste, loin de l’atmosphère plombée de Washington où le scandale de collusion présumée avec la Russie se rapproche dangereusement du président américain.
Les deux chefs d’Etat se sont entretenus durant plus d’une heure à l’Elysée, d’abord en tête-à -tête puis au cours d’un entretien élargi. Au cours de la conférence de presse qui a suivi cette entrevue, Emmanuel Macron a salué« une détermination commune » avec M. Trump « sur le commerce, la sécurité de nos deux pays, la lutte contre le terrorisme, la stabilité au Proche et Moyen-Orient ». Le président français a également évoqué la sortie des Etats-Unis de l’accord contre le réchauffement climatique signé à Paris en 2015.
« Je respecte la décision du président Trump. (…) Je suis en désaccord sur la lecture de l‘accord de Paris et de l’importance que cela a, a-t-il rappelé. Est-ce que c’est irrémédiable ? Des engagements ont été pris. Mon souhait c’est de continuer de discuter avec les Etats-Unis sur ce sujet. » M. Trump a répondu : « Nous verrons ce qu’il se passera, nous en parlerons dans les mois qui viennent. S’il y a changement ce sera bien. »
A propos de la Syrie et de l’Irak, M. Macron a annoncé que Paris et Washington vont « poursuivre le travail en commun pour mener ensemble des initiatives diplomatiques qui permettront de construire la feuille de route de l’après-guerre ». Le président français a également confirmé sa volonté de ne pas faire de « la destitution de Bachar Al-Assad une condition préalable » à des discussions. M. Macron a toutefois affirmé avoir « une ligne rouge commune »avec les Etats-Unis : « Toute utilisation d’arme chimique [par le régime syrien] fera l’objet de représailles immédiates. »
Accueil aux Invalides
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Avant cela, le couple Trump avait été solennellement accueilli en début d’après-midi par le chef de l’Etat français et son épouse à l’hôtel national des Invalides, bâtiment érigé au XVIIe siècle pendant le règne de Louis XIV pour y accueillir les blessés de guerre. Les deux présidents, qui se sont déjà rencontrés à plusieurs reprises, ont échangé une chaleureuse poignée de main, avant d’écouter les hymnes américain et français puis de passer les troupes en revue.
M. Macron, qui goûte les symboles, a ensuite conduit ses hôtes à l’église Saint-Louis des Invalides, s’arrêtant avec eux devant le tombeau de l’empereur Napoléon 1er, puis devant celui du maréchal Foch.
Les Trump ont été invités à Paris pour célébrer le centenaire de l’entrée des Etats-Unis dans la première guerre mondiale, qui a fait près de 10 millions de morts. Un intermède qui devrait permettre au président américain d’oublier momentanément ses ennuis, au moment où son fils aîné est à son tour soupçonné de collusion avec Moscou pendant la campagne électorale américaine.
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La République française s’est mise en quatre pour accueillir le couple Trump, avec notamment un dîner jeudi soir au deuxième étage de la tour Eiffel. Vendredi, M. Trump assistera au traditionnel défilé militaire du 14 Juillet sur les Champs-Elysées, où se succéderont soldats américains et français.
« Nous avons l’habitude de bien recevoir les gens qu’on invite. Nous aurons à cœur que ce séjour se déroule bien », explique l’Elysée, démentant l’idée que cette invitation en grande pompe constitue un blanc-seing donné à l’imprévisible dirigeant américain.
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« Pas de divergence entre Paris et Berlin sur la manière de traiter Trump »
A la récente réunion du G20, le président français a multiplié les amabilités, les gestes complices, les accolades, en net contraste avec les autres Européens, notamment Angela Merkel, très critique vis-à -vis de l’Américain.
Hasard du calendrier, la chancelière allemande était à Paris jeudi en même temps que M. Trump, pour un sommet franco-allemand qu’elle a coprésidé dans la matinée avec Emmanuel Macron.
Paris et Berlin partagent la même vision sur « le libre et juste commerce » et la lutte « contre le protectionnisme », mais aussi sur le climat et sur le président américain Donald Trump, a assuré M. Macron à l’issue du conseil. « Il n’y a pas de divergences entre la France et l’Allemagne sur la manière de traiter le président Trump », a-t-il dit.
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